Pakistan : La surveillance par système d’information géographique (SIG) de l’iodation du sel améliore la santé et la vie

Le Dr Tausif Akhtar Janjua, de l’IM au Pakistan, décrit le SIG du secteur du sel au Pakistan.

Le Dr Tausif Akhtar Janjua, de l’IM au Pakistan, décrit le SIG du secteur du sel au Pakistan.

Imaginez un outil qui pourrait aider à réduire de manière significative le nombre des lésions cérébrales évitables dues à une carence en iode dans l’alimentation, grâce au suivi de la qualité sel iodé produit. Dans un pays où l’incidence de la carence en iode est élevée, une telle technologie serait inestimable, en raison de son potentiel d’amélioration de la qualité de vie de millions de personnes.

Cette technologie existe au Pakistan. Elle est déjà en bonne voie d’améliorer la santé des citoyens de ce pays, grâce à un projet mené par le ministère de la Santé, auquel l’Initiative pour les micronutriments (IM) a fourni un soutien technique et financier. Le 22 mars 2011, le ministère de la Santé du Pakistan a mis en place ce système d’information géographique (SIG) dans le but de surveiller et d’améliorer l’iodation du sel dans tout le pays.

« Le système d’information géographique pour surveiller l’iodation du sel au Pakistan est un excellent exemple de l’utilisation de la technologie à des fins d’intérêt public, afin d’aider les personnes les plus vulnérables, et ce, à très faible coût. Cet outil nous permet de surveiller les degrés d’iodation et de prendre rapidement des mesures correctives, lorsque nous remarquons des tendances à la baisse. »

Venkatesh Mannar

De gauche à droite : le Dr Noor Ahmad Khan, Venkatesh Mannar et Melanie Galvin, membres de l’IM, en compagnie de Mir Changez Khan Jamali, le ministre fédéral des Sciences et de la Technologie, au lancement du système cartographique SIG de l’IUS, à Islamabad.

De gauche à droite : le Dr Noor Ahmad Khan, Venkatesh Mannar et Melanie Galvin, membres de l’IM, en compagnie de Mir Changez Khan Jamali, le ministre fédéral des Sciences et de la Technologie, au lancement du système cartographique SIG de l’IUS, à Islamabad.

Dans le cadre de ce projet, les principaux représentants de district et les agents de terrain responsables de l’iodation universelle du sel (IUS) du district recueillent des données sur les degrés d’iodation chez les transformateurs du sel, petits et grands. Le système de cartographie SIG crée ensuite une carte numérique interactive facile à consulter, représentant la quantité de sel adéquatement iodé produite dans chaque province, de même que dans l’Azad-Cachemire. Ce système de cartographie stocke les données complètes sur environ 168 sources de sel brut au Pakistan, ainsi que des renseignements sur l’emplacement géographique, les coordonnées et la production de sel adéquatement iodé provenant de 1 353 transformateurs du sel. Les données entrées dans le SIG servent à surveiller le travail des transformateurs, en ce qui concerne la production de leur sel iodé et de sa qualité.

La carence en iode est la principale cause évitable de lésion cérébrale au monde. Elle peut considérablement nuire au développement du cerveau pendant la grossesse et durant les premières années de la vie d’un enfant. Or, au Pakistan, 76 pour cent des femmes et 64 pour cent des enfants d’âge scolaire souffrent de carence en iode. Lors du lancement du SIG, le Dr Baseer Khan Achakzai, le responsable national des programmes au département de la nutrition du ministère de la Santé, a affirmé : « La carence en iode chez les mères peut provoquer un avortement spontané et entraîner un poids insuffisant à la naissance chez les nouveau-nés. Les enfants souffrant de carence en iode à la naissance ont un QI faible et présentent des anomalies congénitales, dont la surdité et une croissance freinée. »

Étant donné que le sel est presque universellement utilisé, même dans les régions pauvres, et que son coût est abordable, il constitue le véhicule idéal de l’iode et un moyen rentable de prévenir les troubles dus à la carence en iode. Lors du lancement, le Dr Achakzai a insisté sur le fait que la consommation de sel iodé était essentielle pour les personnes de tous les âges, en particulier pour les mères et les enfants âgés de moins de cinq ans.

« Le système d’information géographique pour surveiller l’iodation du sel au Pakistan est un excellent exemple de l’utilisation de la technologie à des fins d’intérêt public, afin d’aider les personnes les plus vulnérables, et ce, à très faible coût. Cet outil nous permet de surveiller les degrés d’iodation et de prendre rapidement des mesures correctives, lorsque nous remarquons des tendances à la baisse », a déclaré Venkatesh Mannar, le président de l’IM. Lors du lancement, le ministre des Sciences et de la Technologie, Mir Changez Khan Jamali, a démontré les avantages potentiels du SIG et a affirmé que la capacité mentale de plus de 38 millions d’enfants dans le monde pourrait être améliorée, si leurs parents plaçaient le sel iodé au cœur de leur alimentation quotidienne.   

En travaillant auprès de partenaires comme l’IM, le ministère de la Santé du Pakistan a mis au point un SIG qui réduira considérablement les coûts liés à la collecte de données à différents endroits, au téléversement des données et à la production de rapports sur les tendances. Chaque mois, le système cartographique recueille des données sur les sites de transformation du sel, s’assurant ainsi d’obtenir des rapports précis et clairs. « Cette technologie fournit des renseignements qui permettront d’améliorer l’iodation du sel au Pakistan et l’efficacité du programme d’IUS », a ajouté Venkatesh Mannar.

Comme l’a précisé le Dr Achakzai, « le monde entier a reconnu qu’investir dans la lutte contre la malnutrition assurait un retour sur investissement et qu’il avait des effets durables sur le développement socioéconomique des groupes marginalisés de la société. »

La véritable valeur du projet de SIG réside dans le fait qu’il a donné aux transformateurs du sel du Pakistan les moyens d’aider à améliorer de manière significative la santé de leurs concitoyens. Ainsi, ils agissent comme des catalyseurs dans le processus qui permettra aux personnes les plus marginalisées de commencer à améliorer leur vie tout en réalisant un des changements socioéconomiques durables qu’évoque le Dr Achakzai.