Prévenir les carences en micronutriments grâce à la formation de consultants en enrichissement des aliments

La photo ci-dessus illustre bien l’esprit de collaboration évident qui animait  les participants à l’occasion du cours de formation; cet esprit de collaboration  existe toujours dans le réseau mondial.

La photo ci-dessus illustre bien l’esprit de collaboration évident qui animait
les participants à l’occasion du cours de formation; cet esprit de collaboration
existe toujours dans le réseau mondial.

Offrir une formation intensive sur le processus d’enrichissement des aliments – tel était l’objectif commun de l’Initiative pour les micronutriments (IM) et du Centre international pour l’agriculture (CIA), en organisant le premier cours de formation d’experts techniques en enrichissement des aliments, à Wageningen, aux Pays-Bas, en mars 2002. « L’IM et le CIA ont réuni 25 experts en enrichissement, afin de favoriser le partage de connaissances ainsi que les échanges entre pairs. Ils désiraient également créer un réseau de consultants en mesure de fournir des conseils indispensables à des projets d’enrichissement, et ce, dans le monde entier », a déclaré Venkatesh Mannar, le président de l’Initiative pour les micronutriments.

Ce cours de neuf jours réunissait 25 participants soigneusement sélectionnés en raison de leur expertise technique, leurs compétences linguistiques et leurs connaissances régionales. Ils représentaient un large éventail de parcours scolaires et professionnels en science et technologie de l’alimentation, en nutrition, en santé publique de même qu’en communications et en marketing social. La formation comprenait des conférences sur des renseignements techniques essentiels en matière de micronutriments, de procédés d’enrichissement des aliments de base et sur les principes de la conception du programme d’enrichissement. Les participants ont aussi travaillé sur l’élaboration de solutions pour un pays (Inde, Afrique du Sud ou Brésil), en prenant des décisions concernant l’enrichissement d’aliment, le choix de micronutriments et la préparation d’un plan de mise en œuvre.

« L’Initiative pour les micronutriments et le Centre international pour l’agriculture ont réuni 25 experts en enrichissement, afin de favoriser le partage de connaissances ainsi que les échanges entre pairs. Ils désiraient également créer un réseau de consultants en mesure de fournir des conseils indispensables à des projets d’enrichissement, et ce, dans le monde entier. »

Venkatesh Mannar

De plus, le programme comprenait la visite d’une installation de fabrication d’équipement de mélange ainsi que du centre de recherche et de développement d’Unilever. Ce volet a permis aux participants d’acquérir une expérience pratique inestimable qu’ils pourront mettre à profit dans leur rôle futur de consultants en enrichissement des aliments.

Cette session a non seulement élargi le basin mondial d’experts techniques dans le domaine de l’enrichissement des aliments, mais a aussi permis de créer un réseau de spécialistes qui dépasse les frontières nationales. « Après la formation, les membres du réseau ont mis en commun leur expertise et se sont entraidés. Ils ont également soutenu l’IM, le CIA ainsi que les organismes et les gouvernements partenaires avec qui ils collaborent, afin de proposer de nombreux programmes d’enrichissement des aliments, qui donnent d’excellents résultats dans les pays en développement », a expliqué Venkatesh Mannar.

Beaucoup de participants à ce cours ont réalisé depuis un travail phénoménal dans des initiatives d’enrichissement, qui ont contribué à assurer la production d’aliments enrichis dans les pays en développement.

Vinod Kapoor (au dernier rang, le quatrième à partir de la gauche) a mis en place l’Initiative d’enrichissement de la farine en Inde (IFFN). Il a joué un rôle déterminant dans l’amorce du dialogue avec les meuniers indiens et leurs associations, de même que dans la promotion de l’enrichissement, lors de rencontres annuelles avec les meuniers du pays. En 2010, les efforts de l’IFFN ont donné lieu à la mise en place d’une phase pilote d’introduction de l’enrichissement de la farine de blé dans les systèmes de distribution publique au Rajasthan, au Madhya Pradesh et au Bihar. L’initiative a aussi permis la formation sur l’enrichissement de la farine destinée à des propriétaires de moulins ainsi qu’à des représentants gouvernementaux, et a aidé les gouvernements des États à mettre au point leurs normes d’enrichissement de la farine. Un système de suivi et d’évaluation est en cours d’élaboration en Inde.

Isiaka Alo (au deuxième rang, le premier à gauche) est retourné au Nigeria, où il a été à l’origine d’une politique gouvernementale rendant obligatoire l’enrichissement du sel ainsi que de la totalité des farines et des huiles de friture. En 2007, grâce à son travail essentiel et à celui de nombreuses autres personnes, plus de 12 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans et de femmes en âge de procréer ont consommé de la farine de blé et de maïs enrichie en vitamine A. Aujourd’hui, environ 30 millions de Nigériens consomment chaque jour 262 tonnes d’huile végétale enrichie et 97 millions consomment 825 000 tonnes métriques de sucre enrichi par année.

Après le cours, Majid Abdullah (au deuxième rang, le deuxième en partant de la droite) est rentré au Pakistan et a joué un rôle indispensable à la préparation d’un plan détaillé d’enrichissement de la farine dans son pays. Il a réussi à obtenir un financement de trois millions de dollars de GAIN et d’un million de dollars de l’IM. Aujourd’hui, grâce à son travail acharné et à celui de beaucoup d’autres, 25 pour cent de la farine du Pakistan est enrichie et 40 millions de personnes en bénéficient.

Mohammad Rahmani (au deuxième rang, le troisième à partir de la droite) est rentré au Maroc, où il a fait la promotion de l’enrichissement en vitamine A de toutes les huiles de friture. Aujourd’hui, en partie grâce à ses efforts soutenus, près de 100 pour cent de la population bénéficie du programme national de vitamine A, lequel a été extrêmement efficace pour prévenir la carence en vitamine A.

« Le cours de formation d’experts techniques en enrichissement des aliments a rappelé à chaque participant la richesse des connaissances qui existait au sein de leur communauté et qu’il valait mieux établir des liens plutôt que travailler seul et isolé. En développant ce réseau, l’IM a créé une plateforme qui fonctionne un peu comme une école où chaque membre met son savoir en commun et enseigne des leçons uniques, dont bénéficient les autres membres. En fin de compte, ces leçons profitent aux plus vulnérables, qui souffrent le plus de carences en micronutriments », a précisé Venkatesh Mannar.

Étant donné l’importance croissante de l’enrichissement des aliments dans le monde entier et du besoin d’experts pouvant mettre en place des programmes durables, l’IM continuera à offrir de la formation sur la création et la gestion de programmes d’enrichissement pour les consultants, les gestionnaires de projets et les cadres de l’industrie.