Projet en santé et nutrition de la mère et du nouveau-né : nourrir les femmes enceintes et leur bébé en Afar

Ethiopia-111812Il a plu le 25 juillet à Anderkelo Shet’. Dans une région de l’Éthiopie ne recevant que quelques millimètres d’eau par an, c’était un événement important. La pluie a nourri le sol aride. Elle s’est aussi révélée bénéfique en raison du soleil éblouissant qui persiste le reste du temps et des températures extrêmes de juillet, qui dépassent régulièrement 40 degrés.

Le lendemain, profitant de la température rafraîchie par la pluie, Halima Haki Ahmed, son fils âgé de quatre mois, son mari et de leur réseau de soutien, rencontraient une petite délégation d’experts en santé et nutrition afin de partager leur expérience en soins de santé prénatale.

Dans le nord-est de l’Éthiopie, les pasteurs nomades de l’Afar ont la vie dure. Cependant, pour les femmes de l’Afar, il est encore plus difficile de nourrir les enfants et de donner la vie; elles sont trop nombreuses à perdre la vie à l’accouchement ou à voir mourir leur nouveau-né.

Les deux tiers des femmes enceintes ne reçoivent aucun conseil en santé ou en nutrition d’un fournisseur de soins prénatals compétent et, à aucun moment durant leur grossesse, elles font évaluer leur santé. Pratiquement aucune femme ne prend de suppléments de fer, en dépit du taux élevé d’anémie au pays et des risques qu’il représente. Seulement sept pour cent des femmes accouchent avec l’aide de personnel médical qualifié.

Quand Halima était enceinte, elle a eu la possibilité de recevoir le soutien d’un travailleur de la santé. C’est un homme qu’elle a consulté deux fois durant sa grossesse; un cas rare. Grâce à ses conseils et aux fournitures qu’il disposait, Halima a pris des suppléments de fer et d’acide folique tout le temps qu’on lui en a fourni. Elle a donné naissance à son fils dans un poste sanitaire équipé; le bébé est né sans complications et a été allaité par sa mère dès l’instant où il s’est mis à téter. Récemment, elle a amené son nourrisson pour qu’il reçoive son premier vaccin.

Halima fait désormais partie des « troupes éthiopiennes pour la promotion de la santé ». Elle partage son expérience dans sa communauté et informe d’autres familles sur l’importance de recevoir des soins prénatals.

Son histoire, quoique peu commune, a été encourageante pour les visiteurs en route vers Addis-Abeba afin de contribuer à lancer le Projet en santé et nutrition de la mère et du nouveau-né. Cette initiative vise à améliorer et à étendre les services dans la région de l’Afar.

Ce projet est un partenariat entre le ministère fédéral de la Santé de l’Éthiopie, l’Initiative pour les micronutriments et l’Université Emory, financé par l’Agence canadienne pour le développement international. Il vient en appui au Programme de vulgarisation sanitaire du gouvernement, une initiative de sensibilisation stratégique visant à joindre les personnes qui n’ont pas encore accès aux services de santé.

Ce projet s’appuie sur l’amélioration de la documentation, des protocoles et de la formation des fournisseurs de soins de santé, et encourage les familles à participer au processus d’expansion des soins de santé dans les communautés. Il vise à améliorer l’état nutritionnel, la préparation à la naissance, l’orientation vers les soins obstétricaux d’urgence et les soins au nouveau-né, ainsi que les pratiques entourant la naissance comme le clampage tardif du cordon ombilical et l’initiation précoce à l’allaitement maternel.

Tout comme la pluie a nourri le sol d’Anderkelo Shet’, le Projet en santé et nutrition de la mère et du nouveau-né aidera à nourrir les femmes enceintes et leurs bébés dans toute la région Afar.

Il procurera un profond soulagement dans un endroit où les risques liés à la grossesse et à la naissance semblent aussi élevés que les températures régnant sur cette terre aride.