La vitamine A : Un legs canadien en faveur de la survie de l’enfant

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Virginia, une bénévole de la santé, se faufile dans les ruelles du bidonville de Lunga Lunga, à Nairobi. « Il y a uneécole ici, il faut que nous y allions, dit-elle. Certains enfants ont besoin de la gélule et de l’injection. »

Elle conduit une infirmière et un autre travailleur de la santé à la Heroes’ Academy, où ils sont accueillis par des dizaines d’enfants de trois et quatre ans. Virginia parle avec l’enseignante et vérifie si les enfants ont des marques sur les doigts. Ceux qui n’en ont pas seront vaccines contre la rougeole et recevront une dose de vitamine A aujourd’hui – et verseront beaucoup de larmes. Virginia cherche à rejoindre ces petits dans le cadre une dernière campagne de vaccination et de supplémentation en vitamine A ciblant les enfants qui n’ont pas bénéficié de la campagne Malezi Bora de vaccination systématique du ministère kenyan de la Santé publique et de l’hygiène.

La supplémentation en vitamine A a joué un grand rôle dans la diminution des décès juvéniles au Kenya et dans le monde. Administrée deux fois par an aux enfants des régions où sévit la carence en vitamine A, elle aide à stimuler leur système immunitaire pour mieux resister aux maladies infantiles mortelles comme la rougeole. Ce qui a débuté il y a 20 ans comme une enthousiasmante initiative sous l’égide du Canada – pour entreprendre de mettre à l’échelle une nouvelle mais prometteuse intervention en santé – est devenu une composante essentielle des programmes en santé de l’enfant à l’échelle planétaire. Aujourd’hui, les programmes de supplémentation en vitamine A rejoignent jusqu’à 80 % des enfants du monde et, selon les spécialistes, cette intervention simple, peu coûteuse, a permis de sauver des millions de vies.

Chaque gélule de vitamine A a l’air simple; mais en fait, c’est une merveille de technologie et d’organisation. Coûtant juste deux cents à fabriquer et environ 50 pour parvenir jusqu’à un enfant en ayant besoin, chaque supplément de vitamin A doit survivre au transport vers certains des endroits les plus reculés du monde.

Pour autant, le succès de cet effort mondial repose dans les mains d’une armée de travailleurs de la santé dévoués, comme Virginia et combien d’autres, vivant dans des communautés du monde entier qui sont déterminées à progresser.

Au cours des deux dernières décennies, avec le soutien de le MAECD, l’Initiative pour les micronutriments a fourni plus de 8 milliards de gélules de vitamine A et, collaborant étroitement avec les gouvernements nationaux et de nombreux autres partenaires dont l’UNICEF, s’est assurée que les programmes de fourniture de vitamine A profitent chaque année à plus de 200 millions d’enfants en ayant besoin, dans plus de 70 pays.

Au fil des ans, les programmes en vitamine A ont évolué; d’une activité additionnelle déployée durant les Journées nationales d’immunisation, ils sont devenus partie intégrante des interventions intégrées systématiques en santé de l’enfant. Avec le renforcement des systèmes de santé, les programmes de fourniture de vitamine A seront de plus en plus incorporés aux services de soins courants de santé des enfants, ce qui permettra à ces derniers de recevoir leur première dose dès l’âge de six mois.

Ce qui a été un jour un programme en démarrage est devenu une réussite canadienne emblématique et un solide héritage garantissant la survie des enfants.