L’amélioration des naissances au Bangladesh

Par Joel Spicer, président et directeur général

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Lovely Begum reçoit des suppléments de fer et d’acide folique au centre d’aide familiale de l’union de Gaguya, dans le sous-district de Gaibandha Sador. Elle a bénéficié régulièrement des examens anténatals et de ces suppléments pendant toute sa grossesse.

Nous connaissons une des meilleures manières de maintenir le bon état de santé des femmes durant la grossesse. Lorsqu’elles prennent quotidiennement des suppléments de fer et d’acide folique (FAF), et ce le plus tôt possible au début de la grossesse et pendant au moins 90 jours, les résultats sont multipliés pour elles et pour leur nouveau-né. La supplémentation aide à réduire l’anémie et offre aux nouveau-nés un meilleur départ dans la vie. En plus d’être abordable, soit environ 80 cents pour la dose complète de 90 jours, elle est très efficace. Cela semble simple, n’est-ce pas? Néanmoins, dans de nombreux pays, les taux de supplémentation chez les femmes sont affreusement bas.

Dans plusieurs pays, la prise régulière de fer et d’acide folique durant la grossesse est une pratique commune, mais des millions de femmes autour du monde n’ont toujours pas accès assez tôt ou assez souvent aux suppléments comme à d’autres services de santé.

Plusieurs raisons interdépendantes expliquent pourquoi les femmes ne prennent pas de suppléments. Premièrement, les effets secondaires des FAF peuvent être assez déplaisants, comme la sensation de brûlement ou la constipation. Un manque de services de soutien, des messages prêtant à confusion et une mauvaise gestion de la chaîne d’approvisionnement empêchent également les femmes d’accéder à cette intervention simple et abordable.

Ces obstacles peuvent être surmontés et le sont. Un projet pilote au Bangladesh a permis d’augmenter grandement le nombre de femmes qui prennent des suppléments de FAF en s’attaquant de front à quelques-unes de ces difficultés. Avec un financement du gouvernement du Canada par le biais d’Affaires étrangères, Commerce et Développement, l’Initiative sur les micronutriments a travaillé avec le gouvernement du Bangladesh et l’Institut de nutrition et de santé publique afin d’améliorer les services offerts aux femmes enceintes.

Le projet a démontré que l’anémie pouvait être réduite chez les femmes enceintes lorsqu’elles obtenaient les conseils appropriés sur les comprimés d’AFA; qu’elles avaient accès à des travailleurs de la santé et de la communauté; et qu’elles avaient un approvisionnement adéquat.

Dans les districts de Satkhira et de Narsingdhi, le pourcentage de femmes prenant des suppléments d’AFA est passé de 51 % à 98 %. Qui plus est, la majorité de ces femmes ont pris la supplémentation totale durant 90 jours.

À la fin du projet, sept femmes sur dix se sont souvenues de la manière d’atténuer les effets secondaires. Nous avons découvert que ce niveau de connaissance élevé est directement lié à l’assistance efficace et constante des travailleurs de première ligne lors des cliniques de soins prénatals et des visites à domicile.

Nous utilisons ce projet pilote pour aider à raviver l’intérêt envers les programmes d’AFA pour les femmes enceintes au Bangladesh, donnant au gouvernement une solide preuve pour renforcer ses programmes.

Bang_BCC_MaterialsPuisque le gouvernement a participé à toute la durée l’étude, il se sent profondément responsable des résultats. Il travaille sur les chaînes d’approvisionnement pour s’assurer que les suppléments soient disponibles pour les femmes et s’est engagé à utiliser le même modèle dans dix autres districts du pays où les taux de prises d’AFA par les femmes enceintes sont bas. Ceci ravivera un programme de santé et semblait battre de l’aile en plus de recharger les efforts investis dans le pays pour s’assurer que les mères du Bangladesh reçoivent de bons soins et que leurs nouveau-nés naissent plus forts et avec de meilleures chances dans la vie.

J’espère que d’autres pays prendront note de ces résultats et qu’ils les reproduiront dans la région et dans le monde entier.

Les organisations et les institutions partenaires du Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants qui sont sur la première ligne peuvent également utiliser cette preuve pour orienter leurs propres programmes dans le cadre de notre échange de connaissances collectif.

Nous possédons la preuve de ce qui fonctionne et de ce que nous devons faire de plus belle pour sauver et améliorer des vies. Les projets comme celui-ci au Bangladesh nous montrent ce qui est possible lorsque nous mettons les femmes à l’avant-plan, que nous leur transmettons les bonnes connaissances et que nous leur donnons ce dont elles ont besoin pour une grossesse et des accouchements sains.

Article initialement publié sur le blogue dy Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants le 05/28/2015.