Aider à assurer la santé de la grossesse et des bébés au Kenya

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Alexina, 22 ans, est enceinte. Elle vit dans le village de Bumanyi situé dans Kakamega, un comté du Kenya présentant certains des pires indicateurs de la santé des mères et des nouveau-nés. Pour Alexina et bien des femmes comme elle, avoir de l’information sur les besoins nutritionnels spécifiques à la grossesse et accès à des soins qualifiés durant la grossesse et l’accouchement peut souvent faire la différence entre la vie et la mort pour elles et leurs bébés.

En vue de combler l’écart entre les connaissances des femmes comme Alexina et les services de santé vitaux qui leur sont destinés, l’Initiative pour les micronutriments (IM) entreprend un projet communautaire en santé et nutrition de la mère et du nouveau-né dans quatre pays africains dont le Kenya. Au Kenya, l’IM travaille avec le ministère de la Santé, l’AMREF Kenya et Pronto International, afin de démontrer comment améliorer la qualité et l’utilisation des soins prénatals, durant l’accouchement et postnatals, et améliorer  le lien entre les collectivités et les établissements de santé.

Le projet baptisé Linda afya ya mama na mtoto mené au Kenya consiste en partie à former les agents de santé communautaire pour qu’ils informent les femmes enceintes des besoins nutritionnels, de l’importance d’assister aux visites de soins prénatals et de la nécessité d’accoucher dans un établissement de santé, avec un personnel soignant qualifié à la naissance.

Histoire d’Alexina

kenya-mother-baby-cr-portraitAlors qu’elle attendait son deuxième enfant, un agent de santé communautaire a encouragé Alexina à assister à une visite de soins prénatals. Durant sa grossesse précédente, le manque de travailleurs de la santé qualifiés disponibles a fait qu’Alexina, comme beaucoup de femmes de sa collectivité, n’est pas allée à l’hôpital. Cette fois-ci, elle a trouvé les services et reçu une information utile. Elle a obtenu des suppléments de fer et d’acide folique pour réduire l’anémie, un vaccin antitétanique et les conseils des infirmières sur la façon de se préparer à la naissance de son enfant, notamment la nécessité de se reposer et d’avoir une alimentation bien équilibrée.

La grossesse d’Alexina se passait bien, sans grands problèmes. Toutefois, lors de sa dernière consultation on lui a conseillé d’accoucher à l’hôpital, pour le cas où il y aurait des complications, parce qu’on trouvait que son bébé était gros. Dans le cadre de son plan d’accouchement, elle et son mari ont désigné un hôpital proche comme celui où ils iraient et recruté un bodaboda local, conducteur de moto taxi, pour les y conduire une fois le travail commencé.

Dans la nuit du 11 mars, les douleurs ont débuté et Alexina est allée à l’hôpital. Au matin, les infirmières lui ont dit qu’il y avait des complications et que le travail ne progressait pas bien. Elle et son mari se sont inquiétés mais, grâce aux instructions du médecin de l’établissement et aux interventions visant à aider la progression du travail, son bébé est descendu et l’infirmière, Alexina et son mari ont eu bon espoir qu’il survivrait.

« Je conseille fortement aux autres femmes qui continuent d’accoucher à la maison, de ne pas avoir peur d’aller accoucher à l’hôpital, a dit  Alexina. Je suis sûre que, si je n’avais pas été à l’hôpital, j’aurais pu perdre mon bébé. Il n’a pas crié tout de suite. J’ai cru qu’il était mort. J’ai entendu le médecin dire “Le bébé ne respire pas, il faut le mettre immédiatement sous assistance respiratoire.”  Il a fallu 10-20 minutes angoissantes aux infirmières pour le ventiler. Finalement, j’ai entendu son premier cri. J’étais soulagée. Merci au médecin et aux infirmières de l’hôpital de Matungu d’avoir sauvé mon bébé. »

Dans le cadre du projet Linda afya ya mama na mtoto, Alexina et d’autres femmes enceintes reçoivent de l’information vitale sur la santé, pendant leur grossesse, et ont accès à des soins qualifiés à l’hôpital, lorsqu’elles accouchent.

Ce projet n’aide pas seulement à réduire le retard pris par les femmes pour rechercher, trouver et recevoir des soins qualifiés. Il change aussi les attitudes et les comportements, car de plus en plus de femmes et de collectivités prennent confiance dans les soins de santé améliorés auxquels elles ont maintenant accès.