L’histoire d’Agnès : une championne pour les naissances plus sûres au Kenya

Mère et le bébé au Kenya

Le comté de Kakamega au Kenya enregistre les plus grandes difficultés face à la santé des femmes enceintes et de leurs nouveaux-nés. Pour changer cette réalité, l’Initiative pour les micronutriments (IM) et ses partenaires – Amref santé Afrique, Pronto International, le Ministère kényan de la santé et l’Université de Nairobi – ont mis en place le projet Linda afya ya mama na mtoto, un programme de liaison entre les communautés et les centres de santé.

Un des aspects les plus novateurs du projet a été la formation d’accoucheuses traditionnelles (NCCT) dans des rôles communautaires en dehors de l’accouchement.

Les accoucheuses traditionnelles sont souvent le premier point de contact pour une femme enceinte dans sa communauté, donc un élément clé du projet était d’accroître ce rôle pour soutenir l’accès des femmes enceintes aux soins de santé.

Dans ce nouveau rôle, les accoucheuses traditionnelles sont formées pour devenir des accompagnatrices à la naissance, avec la responsabilité principale d’emmener les femmes enceintes au centre de santé et de rester avec elles tout au long du travail et de l’accouchement,  et de fournir un soutien pour les mères et les agents de santé qualifiés travaillant au centre. Depuis 2014, un total de 345 anciennes accoucheuses traditionnelles à Kakamega ont commencé à jouer leur nouveau rôle d’accompagnatrices à la naissance.

Agnès Makina était une des accoucheuses traditionnelles les plus influentes dans le comté.

Sans éducation formelle, Agnès a cependant une expérience très riche, qu’elle a acquise en élevant ses 11 enfants, et en aidant à élever ses 60 petits-enfants qu’elle a pour la plupart mis au monde ainsi que ses 20 arrière-petits-enfants.

Pendant son activité d’accoucheuse traditionnelle, les mères qui accouchaient sous les soins d’Agnès développaient parfois des complications au cours de l’accouchement et elle était souvent inquiète qu’elles ne meurent. Lorsqu’une femme enceinte avait des complications, Agnès renvoyait les cas les plus graves à l’hôpital. Parfois, les nouveaux-nés qu’Agnès aidait à accoucher mouraient et certaines mères aussi à cause de saignements excessifs ou au fait qu’elles, et leurs bébés, n’avaient pas reçu les soins de santé appropriés et nécessaires en temps opportun.

Agnès Makina, accompagnatrice à la naissance.

Agnès Makina, accompagnatrice à la naissance.

Impact sur les mères

Depuis qu’elle est accompagnatrice à la naissance, Agnès a accompagné plus de 60 femmes au Centre de santé Lunganyiro, qui ont donné naissance à leurs bébés dans un environnement sécuritaire où elles ont accès à des soins de santé compétents et indispensables.

Au premier semestre de 2014, le personnel du Centre de santé Lunganyiro a aidé à accoucher en moyenne seulement 20 bébés par mois. Maintenant, les accouchements au Centre ont triplé, avec une moyenne de 60 naissances par mois – une énorme réalisation pour la communauté, les familles, les femmes et leurs nouveaux-nés, car on constate que les enfants naissent dans un environnement plus sécuritaire et en meilleure santé.

Comment la vie pour les accompagnatrices à la naissance s’est améliorée

Agnès est heureuse dans son nouveau rôle et est une fière championne des accouchements à l’hôpital.

« Je suis en paix parce que je n’ai pas à me soucier qu’une femme ou un bébé meure à l’accouchement pendant qu’ils sont sous mes soins, a déclaré Agnès. « Je peux maintenant dormir paisiblement sachant qu’à l’hôpital, la mère et l’enfant sont hors de danger. »

Agnès est très heureuse de son nouveau rôle d’accompagnatrice au centre de santé et du support qu’elle offre à ces femmes. Les travailleurs de la santé ont accepté Agnès; leurs relations avec d’autres accompagnatrices à la naissance sont également plus positives.

Le projet Linda afya ya mama na mtoto a mis en place un régime d’incitations fondé sur le rendement dans le but d’encourager davantage les accompagnatrices à la naissance à emmener les femmes dans les hôpitaux pour qu’elles accèdent aux soins spécialisés nécessaires.

Agnès est heureuse maintenant d’avoir été remboursée pour les frais de transport des femmes qu’elle accompagne dans les hôpitaux et les centres de santé, car cela lui offre une petite source de revenus. Elle met de côté une partie de cet argent pour s’acheter une vache laitière qui lui permettra de vendre du lait pour l’aider à gagner sa vie.

La transformation des accoucheuses traditionnelles en accompagnatrices à la naissance a pu contribuer à ce que les femmes en cours de travail à Kakamega obtiennent des soins compétents et accouchent d’enfants en santé dans un environnement sécuritaire. Les accompagnatrices à la naissance ont joué un rôle primordial, non seulement en veillant à ce que les femmes en cours de travail puissent donner naissance dans les hôpitaux, mais également en fournissant des soins essentiels aux nouveaux-nés et en promouvant une bonne alimentation, essentielle aux femmes enceintes dans leurs communautés.