Intégration des interventions en nutrition au Bangladesh grâce au partenariat du BRAC

Par Chowdhury Jalal, conseiller technique principal, Recherche opérationnelle et en évaluation à l’IM

Adopter une approche multisectorielle permettra d'améliorer la nutrition pour les plus vulnérables.

Adopter une approche multisectorielle permettra d’améliorer la nutrition pour les plus vulnérables.

Le problème de la dénutrition dans les pays à revenu faible et intermédiaire affecte des millions de personnes et a des causes multiples.

Le Bangladesh n’est que l’un de ces pays. Malgré les efforts intenses faits par le gouvernement et les organisations non-gouvernementales (ONG) pour réduire la dénutrition chez la mère, l’enfant et l’adolescent, cette affection demeure un énorme problème de santé publique dans ce pays où des millions de femmes et d’enfants subissent ses effets au quotidien.

La stratégie la meilleure et la plus durable pour améliorer la nutrition des femmes, des adolescents et des enfants – en particulier au sein des populations vulnérables – c’est d’adopter une approche multisectorielle permettant la collaboration des différents secteurs du gouvernement ou des ONG en vue de mettre au point et de fournir des interventions comportant des volets spécifiques à la nutrition (i.e. la promotion de l’allaitement au sein) et sensibles à celle-ci (i.e. un meilleur accès aux services de santé). Pour réussir, une approche multisectorielle nécessite, entre autres choses, un leadership fortement motivé, une coordination et une collaboration efficaces entre les secteurs – ce qui requiert une infrastructure dont peu d’ONG disposent.

C’est là qu’intervient le BRAC (Bangladesh Rural Advancement Committee), l’un des plus grands ONG au monde.

Créé au Bangladesh en 1972, le BRAC est déterminé à soulager la pauvreté en contribuant à l’habilitation des pauvres, par le biais de ses nombreux programmes dans des domaines incluant le développement économique, la santé publique, l’éducation, l’égalité des sexes et l’autonomisation des communautés. Le BRAC a d’excellentes références en matière de mise en œuvre – et à l’échelle – d’innovations fructueuses au niveau national et mondial, car il dispose d’une vaste infrastructure permettant une approche multisectorielle.

À l’été 2015, moi et mon équipe de l’Initiative pour les micronutriments avons démarré avec le BRAC une collaboration passionnante qui vise à concevoir et intégrer, de manière systématique, des interventions en nutrition aux programmes de développement existants du BRAC.

En suivant un processus de recherche en élaboration d’intervention (RÉI) en trois étapes, nous cherchons à obtenir une compréhension approfondie des programmes actuels du BRAC, pour aider à repérer les possibilités d’y ajouter des interventions en nutrition et concevoir les méthodes les plus pratiques pour les fournir.

Une fois que c’est fait, la stratégie est planifiée pour être pilotée dans neuf upazilas (sous-districts) comprenant une population globale de trois millions de personnes. Un solide cadre d’évaluation complèterait cette approche et nous aiderait à mesurer l’impact de l’intégration.

Au vu de la réussite du projet pilote et de son évaluation, nous prévoyons des possibilités de reproduire le travail au sein de programmes similaires du BRAC en Uganda, en Tanzanie, en Afghanistan, au Liberia et en Sierra Leone – et peut-être dans les secteurs gouvernementaux.

Le recours aux multiples programmes du BRAC pour fournir des interventions en nutrition donnera accès à la population cible, par le biais de circuits innovants qui sinon n’auraient pas été utilisés. De même, cela a un autre avantage : la collectivité entière sera exposée aux interventions en nutrition.

Alors que la RÉI touche à son terme, nous devrions être en mesure de guider l’opérationnalisation des interventions au sein de chaque programme du BRAC et de concevoir les outils nécessaires à l’intégration.

L’IM et le BRAC sont des organisations axées sur les résultats. En combinant la solide plateforme des programmes en place du BRAC et les ressources techniques et financières de l’IM, nous devrions apporter un changement réel dans la vie des personnes les plus vulnérables au monde.