Révolution du sens de la paternité au Kenya

-	Des hommes et des femmes au Kenya discutent de nutrition et des problèmes de santé des femmes enceintes.

Dans le comté de Kakamega, au Kenya, un changement révolutionnaire s’est opéré dans la manière dont les hommes abordent la paternité.  Dans cette région où la grossesse était traditionnellement perçue comme une affaire de femmes, les hommes sont à présent impliqués dans la période critique allant de la conception à l’accouchement, pour réduire la morbidité et la mortalité chez les mères et les nouveau-nés.

Quel a été le déclencheur? Un nouveau projet pilote innovant lancé dans le cadre du programme Linda Afya ya Mama na Mtoto – Protégeons la santé des femmes et des enfants!  Depuis 2011, l’Initiative pour les micronutriments – en partenariat avec le ministère de la Santé du Kenya et d’autres intervenants – a mis sur pied 23 groupes de père à père, afin de former les hommes en matière de santé et nutrition de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.  Ces groupes dissipent les mythes et les idées erronées courants qui portent préjudice à la santé des femmes enceintes et des enfants, et enseignent l’importance de l’allaitement exclusivement au sein dès la naissance.

L’agent de santé communautaire Martin Tande a rejoint un groupe de père à père lorsqu’il a appris que sa femme était enceinte.

« J’ai entendu dire que beaucoup de mères et de bébés meurent pendant l’accouchement,» dit Martin. «Je ne voulais pas que cela arrive à ma femme. »

Les hommes sont souvent les principaux décideurs de la famille et jouent un rôle essentiel pour intégrer la nutrition aux soins à la mère et à l’enfant.  Mais les avantages des groupes de père à père vont bien au-delà de la famille immédiate.  Beaucoup de membres – comme Martin – deviennent de fiers défenseurs de l’implication des hommes dans la santé de la mère et du nouveau-né au sein de leurs collectivités.  Ils font valoir l’importance des examens prénatals et postnatals, ainsi que les avantages de l’accouchement dans un établissement de santé en termes de vies sauvées.

L’enthousiasme pour le projet s’est propagé par vagues  dans tout le comté de Kakamega.  À Lusheya, toute proche, le chef adjoint Bakari Manya dirige un groupe de père à père.

« C’est le travail de l’homme de rapporter à manger à sa famille, » dit Bakari. «  Il est donc important que l’homme sache de quels aliments sa femme et son bébé en pleine croissance ont besoin pour bien se développer. »

Lorsqu’il envisage les possibilités d’extension du programme, Bakari espère rejoindre à terme tous les pères et futurs pères des 2220 ménages de Lusheya.

Le partage du savoir sauve des vies.  Le programme des  groupes de père à père mené dans le comté de Kakamega permet à des hommes comme Martin et Bakari de protéger leurs familles et de jouer un plus grand rôle dans la santé et la nutrition de leurs collectivités.

-Dans certaines régions du Kenya, les groups de père à père sont de fiers défendeurs de la bonne santé et nutrition des femmes.

Membres d’un groupe de père à père du centre de santé Lusheya.