Une récente étude démontre que les données globales concernant la vitamine A, bien qu’essentielles, sont souvent périmées

Par Olivia Pecukonis, Spécialiste de connaissances

La carence en vitamine A est un grave problème de santé publique dans le monde entier, affectant plus de 100 pays. Le manque de vitamine A affaiblit le système immunitaire des enfants, les exposant à un risque accru de maladie et de mort prématurée. La carence en vitamine A est aussi la principale cause de cécité infantile, autrement évitable.

Dans les années 1980 et 1990, des scientifiques ont se sont affairés à établir un lien entre la carence en vitamine A et les risques accrus de maladie et de mort prématurée. Ils ont finalement découvert qu’une dose semestrielle de vitamine A diminue de 24 pour cent le risque qu’un enfant meurt et réduit de 70 pour cent la cécité infantile.

C’est pourquoi Alison Greig, conseillère technique principale en alimentation du nourrisson et du jeune enfant à Nutrition International, et présidente du réseau Alliance mondiale pour la vitamine A (GAVA), a participé récemment à une étude analysant l’existence de données représentatives de la situation de la vitamine A à l’échelle nationale, dans 82 pays mettant en œuvre des programmes de supplémentation en vitamine A. 

Son efficacité et son coût abordable font de la supplémentation en vitamine A l’une des interventions de santé publique en survie de l’enfant considérées comme l’une des plus économiques. Dans les régions où la carence en vitamine A est un problème de santé publique, l’Organisation mondiale de la santé recommande la supplémentation des enfants de 6 à 59 mois deux fois par an pour les protéger de la maladie et d’une mort prématurée, de même qu’une nourriture variée et des aliments enrichis comme autres stratégies pour améliorer l’apport en vitamine A.

Il est essentiel de disposer de données sur la carence en vitamine A pour aider les pays à décider de leurs programmes de manière éclairée, notamment en ce qui concerne la supplémentation en vitamine A.

Ainsi, les chercheurs ont divisé les données d’enquête disponibles les plus récentes en deux catégories: soit «actuelles » et « périmées» si elles remontaient à plus de 10 ans. Ils ont procédé ainsi dans un but de simplification, mais aussi pour mieux expliquer le manque de données actuel sur la situation de la vitamine A ainsi que sur la coexistence d’interventions susceptibles d’améliorer le bilan des enfants de 6 à 59 mois dans les 82 pays mettant en œuvre des programmes de supplémentation en vitamine A.  Parmi les interventions coexistantes ils ont retenu la fourniture d’aliments enrichis en vitamine A, le bioenrichissement et les poudres de micronutriments.

De ces 82 pays, deux tiers disposaient soit d’aucune donnée sur la prévalence de la carence en vitamine A, soit de données périmées, dont 20 pays qui font régulièrement état d’un taux de couverture annuelle d’au moins 70 pour cent pour la supplémentation avec deux doses de vitamine A. Par ailleurs, 51 de ces 82 pays rapportaient la mise en œuvre d’au moins une autre intervention en vitamine A. Et enfin, dans 27 d’entre eux, soit les données sur la carence en vitamine A étaient inexistantes, soit elles dataient de plus de 10 ans.

L’étude de recherche à laquelle Alison Greig a participé fait également ressortir les points suivants :

  • La communauté de la santé publique doit se concentrer sur l’amélioration des données, de manière à appuyer des décisions fondées sur les données probantes propres à chaque pays.
  • Le maintien des programmes de supplémentation en vitamine A ̶  tout en mettant en œuvre et en renforçant les autres programmes visant à améliorer la situation de la vitamine A, est vital pour réduire la mortalité chez les moins de cinq ans dans les pays où la carence en vitamine A est un problème de santé
  • Il est possible de réduire la supplémentation en vitamine A deux fois par an, là où la carence en vitamine A chez les jeunes enfants a été réduite depuis le début du programme de supplémentation et où la réduction semble se maintenir; mais les pays ne devraient pas réduire les programmes de supplémentation en vitamine A sans s’appuyer sur des données.

Depuis plus de 25 ans, Nutrition International aide des pays à renforcer la supplémentation en vitamine A, à évaluer la situation et à prendre des décisions éclairées dans ce domaine. Depuis 1997, Nutrition International a fourni plus de 8 milliards de doses de vitamine A aux personnes les plus vulnérables au monde. En à peine plus de 15 ans, avec l’appui financier d’Affaires mondiales Canada, ces efforts ont permis de rejoindre plus de 75 pour cent des personnes ayant besoin de ce supplément à l’échelle mondiale.

Renseignez-vous sur nos programmes en vitamine A.