Nutrition International et le Projet Grand-mère rallient les grands-mères pour en faire des championnes de la nutrition maternelle

Pour les familles du monde entier, les grands-mères représentent une personne ressource de très grande valeur, particulièrement lorsqu’il s’agit de dispenser des soins. Ayant été mères elles-mêmes, leur impact, en particulier en matière de pratiques de nutrition maternelle, s’accompagne d’une sagesse et d’une expérience incomparables.

Comme tout autre rôle social, cependant, le rôle d’une grand-mère varie en fonction de la culture et du contexte dans lequel il est exercé, ce qu’on a parfois tendance à négliger dans le domaine du développement. Le niveau d’influence des grands-mères quant aux pratiques de nutrition maternelle dans les pays en développement est souvent très élevé, pourtant les grands-mères se trouvent souvent exclues des interventions en santé publique.

Dans les pays en développement, les mères sont par conséquent confrontées à un dilemme : soit respecter les conseils des membres de leur famille élargie concernant les pratiques traditionnelles de nutrition maternelle, soit se conformer aux pratiques modernes suggérées par les professionnels de la santé, optant ainsi d’exclure les grands-mères de l’équation.

Or, l’absence des grands-mères dans les nouvelles initiatives axées sur la nutrition fait obstacle au progrès et au changement. Car non seulement ont-elles de l’influence, elles ont aussi un intérêt marqué pour la connaissance et la transmission du savoir. En fait, beaucoup d’entre elles n’ont peut-être pas eu les mêmes chances d’avoir une éducation formelle que leurs filles et leurs belles-filles, mais elles sont les gardiennes du savoir traditionnel et celles vers qui beaucoup de mères se tournent.

Ce fossé culturel a incité la Dre Judi Aubel, directrice exécutive du Projet Grand-mère, à mettre au point une pratique qui mise sur les grands-mères pour être des leaders dans la promotion des soins maternels et néonataux, en mettant l’accent sur l’élaboration de programmes de santé et d’éducation communautaires tirant parti des réalités et ressources socio-culturelles, et habilitant les collectivités à promouvoir efficacement leur bien-être.

En recourant à une approche d’inclusion des grands-mères, le Projet Grand-mère renforce, éduque et habilite celles-ci en vue de stimuler un changement positif et d’abandonner peu à peu des pratiques moins utiles et nocives. En fait, les grands-mères deviennent des championnes de la nutrition informées au sein de leur collectivité, où les mères n’ont donc plus à faire face à la pression de choisir entre des pratiques contradictoires – et en résulte une véritable promesse de progrès véritable.

« Avant, les ONG ne nous impliquaient pas. Lorsqu’on a des connaissances sur un sujet et que d’autres ne vous font pas participer à la discussion sur ce sujet, on a le cœur blessé. Aujourd’hui, nous les grands-mères, nous avons au cœur un sentiment de grande satisfaction. Vous avez reconnu notre rôle, vous nous avez apporté de nouvelles connaissances et nous allons redoubler d’efforts pour guider les jeunes. » Aise, une grand-mère mauritanienne.

Le 22 juin, Nutrition International accueillait la Dre Aubel à son siège d’Ottawa, où elle a présenté le Projet Grand-mère. Le personnel a été inspiré par ses vastes connaissances et son désir d’inclure les membres des collectivités dans les solutions et par son point de vue  passionnant et novateur sur la manière de révolutionner la nutrition de la mère et du nouveau-né.

« Le Projet Grand-mère nous rappelle à quel point les femmes sont à l’avant-garde pour améliorer la santé de leurs familles et de leurs collectivités à tous les stades de la vie » a déclaré Marion Roche, conseillère technique principale, Santé et nutrition des adolescentes et des femmes

La Dre Aubel a dirigé la recherche formative ayant contribué au développement de la stratégie de communication sur les changements de comportement du Projet intégré de nutrition dans les régions de Kolda et Kédougou (PINKK) au Sénégal, un projet mené par Nutrition International en partenariat avec le Gouvernement du Canada, Vision mondiale, Développement International Desjardins et la Cellule de Lutte Contre la Malnutrition. Elle a également dirigé la formation du personnel du PINKK portant sur son approche du « changement par la culture » – selon laquelle tous les programmes communautaires doivent s’appuyer sur les rôles et valeurs culturels de l’endroit, tout en renforçant leurs aspects positifs de manière à promouvoir le changement avec succès.

Nutrition International est fier de travailler avec les collectivités pour concevoir des programmes et des politiques qui non seulement répondent à leurs besoins, mais qui aussi tiennent compte des différences culturelles. Le Projet Grand-mère nous rappelle que le fait de travailler avec la diversité plutôt que contre elle génère des résultats plus solides et que les grands-mères ont toujours été et continueront d’être une composante vitale des soins et de la nutrition de l’enfant.

Renseignez-vous sur le Projet Grand-mère.

À propos de Judi Aubel

La Dre Aubel a 20 ans d’expérience acquise en travaillant dans des programmes communautaires de santé en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique latine, et d’expertise en éducation des adultes, anthropologie médicale et santé publique. Elle jouit d’une reconnaissance internationale et a reçu plusieurs prix. Elle était sur la liste de la BBC des 100 femmes les plus inspirantes et influentes de 2016, est devenue membre de l’Association Ashoka en 2014 et a gagné le Trust Women Hero Award 2012 de la fondation Thomson Reuters.