Les dirigeants sont invités à agir rapidement pour améliorer la nutrition au Pakistan

Islamabad, PAKISTAN – Une conférence nationale de deux jours visant à intensifier l’action contre la malnutrition a réuni aujourd’hui à Islamabad des parlementaires, des responsables gouvernementaux, des donateurs, des universitaires et des organismes de la société civile.

Alors qu’il ne reste que dix ans pour atteindre les objectifs mondiaux, notamment l’Objectif de développement durable de la « Faim Zéro », Nutrition International, le Secrétariat du Mouvement SUN et l’Alliance de la société civile SUN, ainsi que le ministère de la Planification, du Développement et de l’Initiative spéciale ont réuni les dirigeants pakistanais dans le cadre de l’initiative « Nutrition améliorée – future plus sûr » (Improved Nutrition – Secure Future) afin d’élaborer des stratégies permettant au pays d’atteindre ces objectifs. Les enseignements tirés de cette conférence seront utilisés pour accélérer la mise en œuvre effective des stratégies et programmes de nutrition des mères, des enfants et des adolescents.

« Cette conférence est l’occasion pour les parties prenantes de faire le point sur la situation de la malnutrition aux ordres national et provincial et déterminer les possibilités d’action », a déclaré la Dre Shabina Raza, directrice nationale de Nutrition International, en ouvrant les débats. « La conférence nationale sur la nutrition nous aidera à visionner des voies claires pour l’intégration multisectorielle et à élaborer des plans d’action réalisables, en utilisant les mécanismes de coordination existants pour accélérer l’amélioration en nutrition ».

L’événement a été organisé en réponse aux résultats alarmants de la dernière enquête sur la nutrition menée par le gouvernement. Selon l’enquête nationale sur la nutrition 2018, le Pakistan est confronté au triple fardeau de la malnutrition, avec des taux élevés de sous-nutrition, des carences en micronutriments et une prévalence croissante de l’obésité. Les femmes, les adolescents et les enfants sont les plus touchés.

L’enquête a révélé que 40,2 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, tandis que 17,7 % souffrent d’émaciation. Le double fardeau de la malnutrition est apparent, avec     28,9 % des enfants en sous-poids et 9,5 % en surpoids. Malgré une amélioration marginale depuis 2011, alors la prévalence du retard de croissance était de 43,7 %, elle reste néanmoins à un niveau critique. Les experts estiment que ce changement peut être attribué à l’augmentation de la population, et qu’il y a en fait eu très peu d’amélioration.

Les femmes âgées de 15 à 49 ans sont également confrontées au triple fardeau de la malnutrition : 14 % sont sous-alimentées, 28 % sont en surpoids et 38 % sont obèses, un nombre qui serait en augmentation. Près de 42 % des femmes et 57 % des adolescentes sont anémiques.

Le président de la République islamique du Pakistan, le Dr Arif Alvi, était l’invité principal de la conférence. Il a exprimé son inquiétude face aux taux alarmants de malnutrition dans le pays et a souligné la nécessité d’aller au-delà des paroles, de prendre des mesures et de respecter les délais pour s’attaquer à la crise de la malnutrition.

Le président Alvi a souligné l’importance de l’allaitement maternel et de la consommation d’aliments divers et nutritifs disponibles localement. Il a également souligné le rôle des médias dans la sensibilisation à la santé et à l’alimentation.

S’adressant également aux participants, le Dr Allah Baksh, secrétaire du ministère des Services nationaux de santé, de la réglementation et de la coordination, a décrit les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la situation, notamment la Vision nationale de santé 2016-2025, qui vise à assurer une couverture médicale universelle grâce à un système de santé résilient et réactif, et à réaliser les Objectifs de développement durable et d’autres engagements nationaux et internationaux. Pour concrétiser cette vision, de nombreux documents d’orientation et de politique essentiels ont été élaborés au niveau fédéral, tels que la stratégie d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant 2016-2020, la stratégie de nutrition des adolescents, le programme national de supplémentation en vitamine A et le programme national d’enrichissement des aliments. Un programme de nutrition de plusieurs milliards de roupies est également en cours de finalisation, qui sera mise en œuvre au niveau provincial.

Mme Wendy Gilmore, Haut-Commissaire du Canada au Pakistan, a fait part du soutien du Canada aux efforts du pays pour éliminer la malnutrition.

« Le Canada est fier de soutenir les efforts du Pakistan pour lutter contre la malnutrition par l’entremise de notre partenaire, Nutrition International », a déclaré Mme Gilmore. « La nutrition nécessite une approche globale, avec, à son cœur, le renforcement de l’autonomisation des femmes et des filles, car cela a un impact sur la santé, l’éducation et les résultats du développement économique. »

Au cours de la première journée de la session technique, des experts internationaux et nationaux de premier plan, dont le Dr Zulfiqar A. Bhutta et la Dre Rubina Sohail, ont partagé des recommandations réalisables pour améliorer la nutrition maternelle et infantile au Pakistan. La session a été présidée par le professeur Dr Mehr Taj Roghani, un parlementaire de haut rang, et co-présidée par la Dre Nosheen Hamid, secrétaire parlementaire pour le ministère de la réglementation et de la coordination des services de santé nationaux.

Des messages de la part de M. Joel Spicer, président-directeur général de Nutrition International, et de Mme Gerda Verburg, coordinatrice mondiale du Mouvement SUN et secrétaire générale adjointe des Nations unies, ont été diffusés aux participants, démontrant leur soutien et félicitant le gouvernement pour son leadership.

La première journée a été conclue par Tehrik e Niswan, qui a donné une représentation théâtrale démontrant les 1 000 premiers jours de la vie.

Le deuxième jour de la conférence mettra en vedette des spécialistes de la santé, de l’agriculture, de la protection sociale, de l’éducation et d’autres secteurs pertinents qui partageront leurs recommandations pour tirer parti des investissements existants dans les projets de développement.