Un monde libéré de la faim inapparente

La recherche de nouvelles manières de lutter contre la faim inapparente est un volet essentiel de notre mission, aussi sommes-nous toujours à l’affût d’idées économiques et durables. L’enrichissement des produits alimentaires en micronutriments essentiels est l’une de ces idées et Nutrition International s’est battue pour bâtir un réseau mondial d’enrichissement des aliments.

L’enrichissement des aliments a été identifié par l’Organisation mondiale de la santé, Copenhagen Consensus, et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture comme l’une des quatre principales stratégies de réduction de la malnutrition par carence en micronutriments à l’échelle mondiale.

Nutrition International appuie cette stratégie par le biais de différents programmes dont l’enrichissement des céréales et de l’huile et l’iodation du sel.

Notre travail en enrichissement des aliments vise à compenser les lacunes des régimes alimentaires locaux dues à des facteurs tels que la médiocrité des sols, le manque d’accès à des aliments nutritfs et la pauvreté. Le suivi, la formation, l’éducation et l’évaluation font tous partie des processus rigoureux intervenant dans les programmes d’enrichissement de Nutrition International.

Qu’est-ce que l’enrichissement des aliments?

L’enrichissement des produits alimentaires – ou encore l’enrichissement des aliments  – consiste à ajouter aux aliments des nutriments en teneurs supérieures à celles qu’ils renferment à l’origine. On le fait pour traiter les carences en micronutriments à l’échelle des populations, des pays et des régions.

Les gouvernements, en collaboration avec l’industrie, les organismes internationaux et les ONG, ont eu recours à cette méthode pour aider à réduire et éliminer les  carences en micronutriments dans leurs populations.

L’enrichissement des aliments de base traités de façon centralisée est une manière simple, abordable et viable de faire profiter de grandes portions de la population d’un pays du fer, de l’acide folique et d’autres micronutriments essentiels.

L’ajout de micronutriments aux aliments de base courants peut augmenter de manière significative la qualité nutritionnelle de l’approvisionnement en vivres et améliorer la santé publique avec un risque minimal. Les aliments les plus couramment enrichis sont le sel, le blé, le maîs, le riz, les cubes de bouillons, la sauce soya et d’autres condiments.

Résultats

Dans beaucoup de pays à revenu élevé, les gens peuvent consommer des aliments enrichis qu’il est facile d’acheter, comme les farines, les céréales et les produits laitiers.

Cependant, pour les nombreuses personnes des pays à revenu faible et intermédiaire qui continuent de souffrir d’une mauvaise nutrition, l’accès aux aliments enrichis demeure hors d’atteinte. C’est pourquoi Nutrition International travaille avec les gouvernements en vue de mettre en place des systèmes d’enrichissement durable et obligatoire.

Depuis 1992, Nutrition International travaille en enrichissement des aliments. Voici quelques exemples de nos faits marquants les plus récents :

  • INDE : En 2013, à la suite de la promotion faite par Nutrition International et le réseau indien pour l’enrichissement de la farine (FFI), l’enrichissement de la farine a été étendu de deux à neuf États indiens, et d’autres États sont concernés par ce projet.
  • RÉGION DE L’AFRIQUE : Nutrition International a aidé le FFI à organiser un atelier en collaboration avec Smarter Futures, Helen Keller International, la Fédération Internationaledu Spina Bifida et de l’Hydrocéphalie et AkzoNobel. Ainsi, 26 champions nationaux de huit pays d’Afrique ont été dotés d’outils de projection des coûts et avantages de l’enrichissement de la farine.
  • NÉPAL : Tirant parti des travaux pilotes menés par Nutrition International en 2003, près de 75 % des moulins à cylindres du Népal participent désormais au programme d’enrichissement obligatoire de la farine. En 2014, 689 000 femmes en âge de procréer ont bénéficié de farine enrichie, ce qui a amélioré leur santé et favorise la prochaine génération.

Le saviez-vous?

L’enrichissement des aliments peut avoir lieu à l’échelle du foyer, de la collectivité ou, le plus souvent, à l’échelle industrielle.

  • L’enrichissement généralisé consiste à ajouter des micronutriments aux aliments couramment utilisés par la masse de la population – comme les céréales et les condiments.
  • L’enrichissement universel est l’ajout de micronutriments aux aliments consommés par les animaux et par les personnes, comme c’est le cas avec le sel iodé.
  • On parle d’enrichissement ciblé dans des domaines comme les programmes alimentaires scolaires, lorsque, par exemple,un biscuit salé spécialement enrichi est destiné à un groupe d’âge ciblé.

L’enrichissement des aliments est soit obligatoire, ce qui signifie que le gouvernement a légiféré, soit volontaire.  L’enrichissement des aliments de base traités de façon centralisée est une approche simple, abordable et viable pour faire profiter de grandes portions de la population des vitamines et minéraux essentiels.

L’enrichissement des céréales et dérivés couramment consommés, comme le blé, la farine de maïs et le riz,  est la manière la plus commode et la moins coûteuse de prévenir la maladie, de renforcer le système immunitaire et d’élever une nouvelle génération en santé et productive.

Actuellement, 79 pays du monde entier ont légiféré sur l’enrichissement d’au moins une céréale principale : 78 enrichissent la farine de blé, 12 les produits à base de maïs et cinq le riz. Ces céréales sont habituellement enrichies en vitamine A, en fer et en acide folique, qui aident à prévenir la cécité, l’anémie et les déficiences congénitales, de même qu’à améliorer les fonctions mentales.

Programmes d’enrichissement des céréales de Nutrition International

Nutrition International conduit et appuie des initiatives d’enrichissement des céréales dans les pays en développement, par le biais de différents programmes dont :

  • Son partenariat avec l’Alliance mondiale pour l’amélioration de la nutrition (GAIN), l’UNICEF et le gouvernement d’Afrique du Sud, en vue d’aider les grands minotiers du pays à enrichir les farines de maïs et de blé en vitamine A, en fer et en acide folique.
  • Sa collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et les minotiers du Pakistan à l’enrichissement de la farine destinée à être distribuée en Afghanistan, où environ 2,5 millions de personnes en ont bénéficié.
  • Le soutien et l’extension des programmes d’enrichissement des farines de maïs et de blé – programmes nationaux au Yémen, en Iran, en Inde, au Pakistan, au Népal et en Bolivie, notamment.
  • Sa collaboration avec la Flour Fortification Initiative, un réseau d’organismes publics et privés, en vue d’un enrichissement accru de la farine dans les pays en développement.
  • La sensibilisation, de concert avec l’UNICEF, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies étatsuniens et d’autres organisations, qui a permis de faire passer le nombre de pays ajoutant systématiquement du fer à la farine, de deux en 1990 à 79 en 2014, notamment en Amérique centrale et du Sud, au Moyen-Orient, en Indonésie, au Nigéria et en Afrique du Sud.

Quoique moins répandu que l’enrichissement des céréales, l’enrichissement de l’huile à friture en vitamine A et autres micronutriments est également un moyen simple et peu coûteux de lutter contre la carence en vitamine A et les maladies associées.

L’huile à friture est un véhicule parfait pour les micronutriments parce qu’elle est très communément utilisée et que le coût d’enrichissement au stade de la production est faible.

Nutrition International appuie de différentes manières l’enrichissement de l’huile à friture :

  • En formant des conseillers en nutrition venant des pays en développement et en leur donnant les outils pour faire du lobbyisme, auprès du gouvernement et de l’industrie privée de leurs pays, en vue de l’ajout de vitamine A aux huiles de friture et aux céréales.
  • En travaillant avec les producteurs d’huiles à friture afin de leur montrer combien il est facile d’enrichir leurs produits sans augmentation sensible du coût.
  • En aidant les gouvernements à rédiger les lois en vue de rendre obligatoires l’enrichissement de l’huile à friture  en vitamine A et celui de la farine de blé en fer et acide folique, uniformisant ainsi les règles du jeu pour les producteurs d’huile et de céréales.
  • En aidant les gouvernements, en particulier les autorités responsables du contrôle de la qualité, à renforcer leur capacité à mettre en place un système de contrôle qualité solide et un mécanisme d’application durable.
  • En aidant les fabricants d’huiles à friture à moderniser leur équipement d’enrichissement et les laboratoires à renforcer le contrôle interne de la qualité.