Aperçu de la malnutrition en Amérique latine et dans les Caraïbes

Ces dernières années, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont enregistré des progrès en matière de réduction de la faim et de la dénutrition. Toutefois, les inégalités restent importantes, certaines régions réussissant relativement mieux que d’autres.

Des pays devront peut-être lutter contre le « double fardeau » de la malnutrition, et donc s’occuper à la fois de la dénutrition et de la surcharge pondérale; alors que dans d’autres, la dénutrition pèse lourdement mais dans des populations en particulier. Le manque de nourriture affecte encore 53 millions de personnes et 16 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de dénutrition chronique, les différents pays présentant d’importantes inégalités en ce qui concerne l’arrêt de croissance prématuré.

C’est au Guatemala, au Pérou, au Honduras, en Bolivie et au Nicaragua que la disparité entre riches et pauvres est la plus élevée, en particulier dans les populations des zones rurales. Pour mieux cerner ces problèmes, nous avons un besoin urgent de suivi et d’évaluation ainsi que de données à jour sur la nutrition.

Dans la plus grande partie de la région, les politiques doivent à présent être axées en priorité sur la réduction des carences en micronutriments chez les jeunes enfants, la réduction de l’anémie chez les mères et la consolidation des programmes de lutte contre les carences, notamment la surveillance des carences en vitamine A et en iode.

Plusieurs pays ont déployé des efforts soutenus pour améliorer la situation en matière de carences en micronutriments, en combinant l’enrichissement des aliments couramment consommés et en fournissant des suppléments. Toutefois, les pays de la région – en particulier Haïti – ont beaucoup de retard à rattraper.

Découvrez-en plus sur notre travail en cours en Haïti.

 

Projets

Nutrition International a mené un projet pilote à San Marcos, Guatemala, en vue de déterminer la meilleure manière d’administrer une combinaison de suppléments de zinc et de sels de réhydratation orale (SRO) aux enfants souffrant de diarrhée.

Le projet, financé par une subvention de Grands Défis Canada, a été mis en œuvre en collaboration avec le CeSSIAM, l’unité de conception graphique et l’équipe responsable des maladies transmissibles par l’eau et des infections respiratoires du ministère de la Santé publique du Guatemala. Ce projet s’appuie sur une précédente collaboration de Nutrition International avec le gouvernement pour mettre à l’échelle le zinc dans les centres de santé.

Le projet visait à tester l’efficacité du co-emballage du zinc et des SRO en établissement de santé, pour accroître l’adhésion au traitement recommandé. Il abordait des préoccupations légitimes, tant au Guatemala que dans d’autres pays mettant en œuvre le traitement combiné (zinc/SRO), pour s’assurer que les fournisseurs donnent la dose recommandée et que les soignants savent comment les utiliser.

En appliquant les principes de la recherche formative et du marketing social, nous avons mis au point un co-emballage intégrant les difficultés liées au changement de comportement à l’aide d’images expliquant comment utiliser le zinc et les SRO et des aide-mémoire rappelant de les administrer pendant 10 jours. Un essai aléatoire dans la communauté nous a permis de tester l’efficacité et de faire apparaître une augmentation de l’adhésion au traitement de la diarrhée. L’hypothèse mise à l’essai dans cette recherche était que l’aspect concret et visuel du co-emballage pouvait non seulement susciter un intérêt pour le produit, mais aussi sensibiliser à la nécessité du traitement combiné parmi les fournisseurs de soins de santé et les soignants.

Le co-emballage a beaucoup plu aux mères également. Les données résultant du projet pilote ont été transmises au ministère de la Santé afin d’éclairer les décisions relatives aux futurs investissements nationaux dans le co-emballage du zinc et des SRO, ainsi que dans la contribution à la base de données probantes mondiales concernant le co-emballage du zinc et des SRO dans le cadre du traitement de la diarrhée dans le secteur public.

La diarrhée demeure la deuxième maladie la plus meurtrière parmi les enfants des pays en développement et ce projet s’est montré en mesure de faire changer les comportements afin d’accroître le nombre d’enfants recevant ce traitement d’importance vitale.

La Bolivie, l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, a une population de 9,5 millions de personnes, dont environ 80 % vivent dans la pauvreté en zones rurales. La malnutrition et l’insécurité alimentaire sont un problème considérable, la difficulté d’accès étant la principale raison pour laquelle les gens ne peuvent pas subvenir aux besoins alimentaires de base.

Le gouvernement bolivien est déterminé à en finir avec la malnutrition. Aussi, depuis 2006, il a mis en place le Programa Multisectorial Desnutrición Cero (PMDC) ou programme multisectoriel Malnutrition Zéro, pierre angulaire de son plan de développement national.

Avec le projet Zéro faim inapparente, Nutrition International aide le gouvernement bolivien à réaliser le volet micronutriments du PMCD, grâce au financement des Affaires mondiales Canada (AMC) du gouvernement canadien, et en partie de la Fondation Izumi. Depuis 2008, Nutrition International collabore avec le gouvernement bolivien et d’autres partenaires pour promouvoir, concevoir et mettre en œuvre le volet micronutriments du PMCD et s’assurer qu’il demeure une priorité. Notre rôle est centré sur la promotion, la facilitation, ainsi que le soutien technique et financier. Le projet est axé sur les interventions en micronutriments suivantes :

  • Fourniture de suppléments de fer et d’acide folique aux femmes enceintes et allaitantes
  • Supplémentation en vitamine A des enfants de moins de 5 ans
  • Fourniture de Chispitas (poudre de multi-nutriments) aux enfants de 6 à 23 mois
  • Fourniture de fer en sirop aux enfants de 2 à 5 ans
  • Fourniture de suppléments de zinc et de sels de réhydratation orale contre la diarrhée infantile

Le PMDC du gouvernement bolivien a permis à plus d’un million de femmes et d’enfants de bénéficier de ces importantes interventions en micronutriments, en 2013, afin de les aider à survivre, se développer et atteindre leur plein potentiel. Nutrition International est fière d’être l’un de ses commanditaires.

Le projet Zéro faim inapparente a remporté plusieurs succès en 2013, notamment :
  • L’élaboration et la diffusion d’une stratégie de communications nationale mettant en avant l’importance des suppléments de micronutriments, qui a rejoint plus de 3,5 millions de personnes.
  • La conduite d’une recherche sur la supplémentation prénatale en fer et acide folique en vue de guider les décisions relatives aux politiques et programmes.
  • La fourniture d’assistance technique en vue de mettre au point des indicateurs relatifs à la supplémentation en micronutriments destinés au nouveau système électronique d’information sur la santé.
  • L’appui aux stratégies d’approche communautaire en vue de renseigner les leaders d’opinion et les familles sur l’importance des suppléments de micronutriments, la manière de les utiliser et l’endroit où les trouver, ainsi que de fournir des suppléments de micronutriments aux femmes et aux enfants susceptibles de ne pas en recevoir autrement. Dans ce cadre, nous avons :
    • Sensibilisé à domicile plus de 50 000 familles à l’importance de la nutrition et l’utilisation des suppléments de micronutriments.
    • Formé des étudiants en médecine, des bénévoles communautaires, des éducateurs en garderie et des dirigeants communautaires, afin d’accroître leur connaissance des carences en micronutriments et des suppléments de micronutriments, leur permettant de participer à des activités de sensibilisation à la nutrition
    • Fait bénéficier plus de 33 000 enfants de suppléments de vitamine A vitaux
    • Fourni des Chispitas à près de 10 000 enfants
    • Fait bénéficier 18 000 enfants de fer en sirop, pour réduire le nombre de cas d’anémie
    • Assuré à plus de 9600 enfants souffrant de diarrhée le traitement au zinc qui leur a permis de se rétablir plus rapidement
    • Fourni des suppléments de fer et d’acide folique à 3200 femmes enceintes ou allaitantes, afin de réduire le nombre de cas d’anémie.