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OTTAWA, Canada – La protection, la promotion et le soutien insuffisants de l’allaitement maternel par les gouvernements coûtent aux pays du monde entier près de 575 milliards de dollars par an en pertes de capital économique et humain. Les récentes données proviennent de l’outil sur le coût de ne pas allaiter, développé par Nutrition International et Alive & Thrive. Représentant en moyenne 0,7 % du revenu national brut d’un pays, ces pertes tiennent compte de l’augmentation de la mortalité infantile et maternelle, des pertes cognitives et des coûts supplémentaires en soins de santé.

« L’allaitement maternel est le principal élément constitutif d’un système alimentaire sain et l’un des meilleurs moyens de donner à un enfant un bon départ dans la vie », a déclaré Joel Spicer, président et directeur général de Nutrition International. Mais les femmes du monde entier ne reçoivent pas le soutien, les ressources et la protection dont elles ont besoin pour commencer l’allaitement suffisamment tôt et le maintenir pendant la période recommandée. Les gouvernements doivent faire de l’allaitement maternel une priorité de politique publique et, grâce à l’outil sur le coût de ne pas allaiter, les décideurs peuvent voir les avantages concrets de cette démarche. »

Lancé pour la première fois en 2019, l’outil sur le coût de ne pas allaitera reçu une mise à niveau en 2022. Il offre dorénavant un nouveau tableau de bord convivial qui contient des données pour plus de 180 pays. De plus, il présente les taux de mortalité et les coûts des soins de santé, ainsi que de nouveaux calculs sur les répercussions de l’absence d’allaitement sur l’obésité infantile, les pertes de QI et l’éducation. L’option « Si?» (What if?) permet également aux utilisateurs de tester différents scénarios, comme comparer les répercussions positives qu’entraîneraient la réalisation de l’objectif nutritionnel de l’Assemblée mondiale de la Santé de 50 % pour l’allaitement maternel exclusif ou même de la réalisation d’objectifs plus ambitieux au niveau national.

L’outil sur le coût de ne pas allaitera calculé qu’on pourrait sauver plus de   515 000 vies chaque année en protégeant, encourageant et soutenant l’allaitement maternel conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. Ces recommandations visent l’initiation de l’allaitement maternel dans l’heure qui suit la naissance, l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois et la poursuite de l’allaitement parallèlement à une alimentation complémentaire de six mois à deux ans et au-delà. L’allaitement maternel constitue le premier vaccin du bébé. Il renforce son système immunitaire et le protège contre les maladies infantiles, comme la diarrhée et la pneumonie, et il réduit le risque d’obésité. L’allaitement est également bénéfique pour les mères, car il les protège contre les cancers du sein et des ovaires, ainsi que contre le diabète de type 2.

Au niveau de la population, des taux inadéquats d’allaitement exclusif et continu peuvent entraîner une augmentation des coûts de santé éventuels. Ils peuvent également mener à une diminution des capacités cognitives des enfants, ce qui a un impact sur leur éducation et leur potentiel de revenus futurs. Pour les familles, l’absence de l’allaitement augmente également le coût de la vie, car le ménage redirige une portion du revenu vers le lait maternisé ou d’autres substituts du lait maternel. Le Global Breastfeeding Collective recommande sept actions politiques que les gouvernements nationaux peuvent mettre en œuvre pour soutenir et promouvoir l’allaitement maternel. L’adoption de congés payés et de pratiques d’allaitement sur le lieu de travail, le renforcement des liens entre les établissements de santé et les communautés et l’application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel en sont quelques-unes.

« L’augmentation des taux d’allaitement maternel par des actions et des politiques de soutien peut contribuer à sauver la vie des mères et des enfants, et à protéger les économies de pertes évitables », a soutenu Sandra Remancus, directrice d’Alive & Thrive. « Nous savons ce qui peut être fait pour aider et, grâce à l’outil sur le coût de ne pas allaiter, nous pouvons calculer l’impact du succès. »

Le Dr Dylan Walters et Alive & Thrive, avec un financement de la Fondation Bill & Melinda Gates, ont développé l’outil sur le coût de ne pas allaiter entre 2017 et 2019. Grâce à un financement du gouvernement du Canada, Nutrition International a développé la deuxième version de l’outil avec des mises à jour en 2022 en partenariat avec Alive & Thrive et Limestone Analytics.