Seynabou Ndiaye, celle qui défend la survie des enfants à l’aide de la vitamine A

Touba Mbella, SÉNÉGAL – Au poste sanitaire Touba Mbella situé dans la région centrale du Sénégal, Seynabou Ndiaye travaille assidûment afin que chaque enfant de son village ait la chance de grandir, fort et en bonne santé. Sachant que la supplémentation en vitamine A (SVA) a un rôle important à jouer, Seynabou a trouvé des solutions novatrices pour s’assurer que tous les enfants de sa communauté obtiennent leurs doses chaque semestre.

Joindre chaque enfant deux fois par an avec une dose de vitamine A grâce au système de soins de santé de routine présente un défi de taille pour Seynabou et les autres agents de santé du pays. La vitamine A est un micronutriment essentiel pour les enfants de moins de cinq ans puisqu’elle renforce leur système immunitaire, prévient la cécité et augmente leur chance de survie. Le Programme national de santé publique a priorisé la supplémentation en vitamine A, une intervention mise en œuvre depuis les années 90 qui se faisait à l’origine de porte en porte, atteignant pratiquement une couverture universelle. Par la suite, on a utilisé les jours de survie des enfants (deux fois l’an), alors que les parents amenaient leurs enfants aux centres de santé locaux pour qu’ils reçoivent une panoplie d’interventions. Cependant, le gouvernement avait du mal à porter le coût de ces campagnes et la dépendance vis-à-vis des donateurs posait certains problèmes.

En 2013, dans le but de rendre le programme de SVA plus rentable et durable, le ministère de la Santé et de l’Action sociale, avec le soutien de

Seynabou Ndiaye is head nurse at a rural health post in Senegal and a champion for vitamin A supplementation.

Seynabou Ndiaye, infirmière-chef dans un poste sanitaire rural du Sénégal, est connue pour son succès en supplementation en vitamine A.

Nutrition International, a graduellement réintégré la supplémentation en vitamine A dans le système de soins de santé de routine. Cependant, cela signifiait que les agents de santé devaient jouer un rôle beaucoup plus important pour s’assurer que les enfants reçoivent toujours leurs suppléments. On a constaté des difficultés à atteindre le même niveau de couverture, particulièrement chez les enfants de 12 à 59 mois.

Les enfants doivent recevoir une dose de vitamine A à tous les quatre à six mois jusqu’à l’âge de cinq ans. Cependant, en raison du manque de journées ciblées offertes aux parents pour amener leurs enfants à un centre de santé ou à un poste sanitaire, le nombre d’enfants qui reçoivent le nombre requis de suppléments était en baisse. L’administration de la SVA, par le biais des soins de santé de routine, ajoute à une charge déjà lourde. Chaque fois qu’un enfant admissible entre en contact avec le système de santé pour des services de routine comme l’immunisation, le suivi de la croissance, voire même le dépistage nutritionnel, les agents de santé doivent vérifier si l’enfant devrait recevoir sa prochaine dose et avoir en main les fournitures nécessaires pour administrer la dose à l’enfant.

En tant qu’infirmière-chef du poste sanitaire de Touba Mbella, Seynabou avait besoin de trouver une façon de s’assurer que les enfants de sa communauté ne manquaient pas une dose.

Les agents de santé communautaire fournissent déjà des services de santé de routine dans les communautés. Seynabou a donc encouragé les agents de son équipe à ajouter la SVA à leurs services lorsqu’ils visitent les ménages. Elle rencontre les agents de santé communautaire une fois par mois pour recueillir l’information sur les enfants qui reçoivent la vitamine A, ceux dont on a vérifié le carnet de vaccination et qui ceux ont fait l’objet d’examens d’autres indicateurs de santé. Elle consigne ces données dans des registres spécialisés pour s’assurer de ne manquer aucun enfant. Les mêmes données servent aussi à planifier les interventions du mois suivant, soit les enfants à rejoindre et les services à donner.

Grâce à ce grand souci du détail et à la mobilisation des agents de santé communautaire de son district, Seynabou a réussi à assurer une couverture quasi universelle dans la zone desservie par son poste sanitaire : 98 pour cent des enfants ont reçu leurs doses. Cette portée marque un contraste frappant avec la portée moyenne obtenue dans le département de Birkelane là où Touba Mbella est situé, puisque seulement 32 pour cent des enfants admissibles reçoivent la dose adaptée à leur âge chaque année.

On cite la grande réussite de Seynabou comme modèle pour les autres agents de santé du pays. La Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant a partagé son travail avec les autres districts, espérant atteindre, partout au Sénégal, le même niveau de couverture en vitamine A.

Depuis 1997, grâce au soutien du gouvernement du Canada, Nutrition International a livré plus de 10 milliards de capsules vitales en vitamine A à des centaines de millions d’enfants de 55 pays. Nutrition International travaille en étroite collaboration avec d’autres partenaires en développement et les gouvernements pour soutenir les ministères de la Santé et faire la prestation de programmes de SVA.